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Les fondations · Chapitre 3

Bien parler à Claude : dire ce que vous voulez vraiment

Lecture : 6 min

Claude ne lit pas dans vos pensées. Quand vous lui laissez des trous, il les comble avec ce qui est le plus courant, pas avec ce que vous aviez en tête. Ce chapitre vous apprend à ne laisser aucun trou important.

Le piège : la demande trop courte

Vous écrivez : « Fais-moi un site pour mon activité. »

Claude répond tout de suite, avec assurance : une page d’accueil, trois sections, un joli dégradé bleu, un formulaire de contact. C’est propre, c’est plausible. Sauf que vous vendez des gâteaux faits maison à des particuliers de votre village, et que vous vouliez surtout une page pour prendre des commandes par téléphone. Claude a deviné une entreprise de services en ligne, parce que c’est ce qui revient le plus souvent.

Deuxième version du même piège : vous demandez « une application pour suivre mes dépenses ». Claude choisit pour vous une technologie, un stockage des données et une interface. Vous ne l’apprenez qu’en lisant le résultat, une fois le travail fait. Chaque choix qu’il a fait à votre place est une décision que vous n’avez pas prise.

Ce que l’humain a vu

Dans les deux cas, la réponse était bien écrite et pourtant inutilisable. Ce n’est pas un bug de Claude : vous seul savez pour qui, pourquoi et dans quelles limites. Claude propose, mais il ne peut pas deviner ce qu’il n’a pas reçu. Et plus il est sûr de lui, moins vous remarquez qu’il a inventé.

La méthode : quatre ingrédients

Avant d’envoyer une demande, vérifiez que vous avez dit :

  1. Le contexte : qui vous êtes, pour qui c’est, où cela sera utilisé.
  2. L’objectif : ce que vous voulez obtenir, et à quoi cela doit servir.
  3. Les contraintes : ce qu’il faut respecter ou éviter (budget, ton, durée, technologies, niveau de difficulté).
  4. Le format attendu : une liste, un tableau, un texte court, un plan en étapes.

Voici la même demande, reformulée :

Je vends des gâteaux maison à des particuliers de mon village (contexte). Je veux une page simple où mes clients voient mes gâteaux et me contactent pour commander par téléphone (objectif). Pas de paiement en ligne, un ton chaleureux, lisible sur téléphone (contraintes). Propose-moi d’abord le plan de la page, en cinq sections maximum, avant de la construire (format).

Vous n’avez pas besoin de formules magiques : il suffit d’être clair.

La variante : laisser Claude vous interroger

Parfois, vous ne savez pas encore tout ce qu’il faut préciser. Dans ce cas, inversez les rôles : demandez à Claude de vous poser des questions avant de commencer. Il fait alors remonter ce que vous n’aviez pas pensé à dire, et vous répondez avec vos propres mots. Vous décidez, il structure.

Astuce

Une bonne phrase à garder : « Avant de commencer, pose-moi les questions dont tu as besoin, une série à la fois. » Et si une de ses questions vous surprend, c’est souvent le signe d’un choix que vous n’aviez pas encore fait.

Si vous débutez : n’ayez pas peur d’écrire plus long. Trois ou quatre phrases claires valent mieux qu’une ligne et dix corrections.

Si vous développez déjà : il n’y a pas de prompts magiques. Pas de formule secrète, pas de balise miracle : ce qui compte, c’est la clarté de ce que vous demandez, comme dans un ticket bien écrit. Vous savez déjà le faire pour vos collègues.

Ce que vous retenez

  • Ce que vous ne dites pas, Claude le devine, et il devine le plus courant, pas le plus juste.
  • Quatre ingrédients : contexte, objectif, contraintes, format attendu.
  • En cas de doute, demandez-lui de vous poser des questions avant de commencer.

À essayer avec Claude

J’ai une idée de projet, mais elle est encore floue. Avant de me proposer quoi que ce soit, pose-moi cinq questions, une à la fois, pour comprendre ce que je veux vraiment. Attends mes réponses avant de passer à la suivante.

Choisissez une vraie idée à vous, même vague. Répondez honnêtement aux cinq questions, puis demandez à Claude de résumer votre projet en quatre lignes. Relisez : est-ce bien ce que vous aviez en tête ? Si ce n’est pas le cas, notez ce qu’il a mal compris : c’est ce qu’il aurait deviné tout seul.