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Les fondations · Chapitre 4

Montrer plutôt qu'expliquer : et protéger ce que vous partagez

Lecture : 7 min

Décrire ce que l’on veut en trois paragraphes est long, et souvent moins clair qu’un exemple. Montrer, c’est plus rapide et plus précis. Mais montrer, c’est aussi partager : ce chapitre apprend les deux, dans cet ordre.

Le piège : le mail client collé tel quel

Un client vous écrit un mail agacé. Vous voulez que Claude vous aide à répondre, et pour qu’il comprenne bien, vous collez le mail en entier. Il contient le nom du client, son numéro de téléphone, son adresse et le détail de sa commande.

Claude écrit une très bonne réponse. Mais vous venez de déposer les données personnelles d’une personne dans une conversation qui ne la concerne pas, sans lui avoir demandé son avis et sans y avoir réfléchi. L’idée de montrer était bonne, le geste ne l’était pas.

Ce que l’humain a vu

Claude n’a rien vu de choquant : pour lui, c’est un texte comme un autre. Savoir ce qui est sensible, ce qui engage votre responsabilité vis-à-vis d’un client ou d’un collègue, c’est vous. Il ne vous arrêtera pas, parce que rien dans le texte ne lui dit que c’est un problème.

La méthode, partie 1 : montrer

Pour être compris vite, donnez à Claude quelque chose qu’il peut regarder plutôt que quelque chose qu’il doit imaginer :

  • Une capture d’écran : « voilà ce qui s’affiche, voilà ce qui ne va pas ». C’est la manière la plus rapide d’expliquer un bug ou une mise en page.
  • Un exemple de résultat : un mail que vous avez déjà écrit et qui vous plaît, un tableau modèle. « Fais dans ce style » est plus précis que dix adjectifs.
  • Le vrai fichier, plutôt qu’un résumé de ce qu’il contient. Un résumé, c’est déjà une interprétation de votre part.
  • Un prototype ou une maquette, avant de construire : une page simple, même grossière, qui montre l’idée. On corrige un prototype en deux minutes, un projet terminé en deux jours.

La méthode, partie 2 : protéger

Avant de montrer, passez trois secondes de vérification. Le nettoyage se fait toujours avant d’envoyer, par vous, jamais par Claude : ce qu’on lui colle est déjà partagé.

La règle simple. Ne mettez jamais dans une conversation un mot de passe, une clé d’accès, un numéro de carte, ni une donnée sur une personne réelle que vous n’avez pas le droit de partager.

Remplacer avant de coller. Relisez le texte et remplacez à la main ce qui identifie quelqu’un par des repères neutres : « Jean Dupont, 06 00 00 00 00, 12 rue des Lilas » devient « [CLIENT], [TÉLÉPHONE], [ADRESSE] ». Pour une capture d’écran, masquez ou recadrez ce qui ne doit pas apparaître. Claude travaillera très bien sur la version nettoyée, puisqu’il n’a besoin que de la situation, pas de l’identité.

Les réglages. Regardez les paramètres de confidentialité de votre compte, notamment ce qui concerne l’utilisation de vos conversations pour améliorer les modèles. Les options changent selon l’offre et évoluent, donc vérifiez-les chez vous plutôt que de supposer.

Si vous débutez : prenez le réflexe de vous demander « est-ce que je pourrais montrer ça à un inconnu ? ». Si la réponse est non, nettoyez d’abord.

Si vous développez déjà : vous connaissez ce réflexe pour les secrets dans les dépôts. C’est le même : pas de clés, pas de données de production dans le prompt. Nous reviendrons sur les permissions au chapitre 17.

Ce que vous retenez

  • Montrer vaut mieux qu’expliquer : capture, exemple, fichier réel, prototype.
  • Ce que vous montrez à Claude, vous le partagez : aucun secret, aucune donnée de tiers non nettoyée.
  • Le nettoyage se fait avant de coller, à la main, jamais en demandant à Claude de le faire.

À essayer avec Claude

Voici un exemple de mail que j’aime et que j’ai écrit. Rédige-moi une réponse au message ci-dessous dans le même style.

Choisissez un mail que vous avez écrit et que vous trouvez réussi. Avant de le coller, remplacez les noms, numéros et adresses par des repères entre crochets. Collez-le comme modèle, puis collez un message fictif (inventé par vous) à qui répondre. Comparez le résultat avec ce que Claude aurait écrit sans votre modèle : la différence de ton, c’est ce que montrer apporte.